Partager l'article ! AU SEIN DE LA FORET CANADIENNE - 4: Quatrième partie Lorsque Peck eut atteint une taille suffisante pour parcourir de ...
Quatrième partie
Lorsque Peck eut atteint une taille suffisante pour parcourir de plus grandes distances, Gogan et Malkia décidèrent de changer de territoire et de terrain de chasse.
Un matin, donc, au lieu de s’installer pour le repos coutumier, ils prirent la route, enfin, disons plutôt, la piste, en direction du Nord.
Ils cheminaient plus lentement que s’ils avaient trotté sans Peck, mais, ils avançaient tout de même à une allure soutenue, car ce matin là, Peck se sentait en pleine forme, et la course était la chose qu’il aimait le plus au monde. Ils parcoururent ainsi des dizaines de « milliers de foulées », quand soudain sur leur droite, apparut un immense troupeau de bœufs musqués. Ce troupeau devait comporter plusieurs centaines d’animaux, il soulevait une poussière dense et épaisse, un véritable nuage gris et ocre au milieu de la plaine canadienne. Leur vitesse de progression était incroyablement rapide et ces bœufs semblaient à peine commencer leur migration. Il s’agissait de bêtes grasses, dodues, fortes et toniques. Nulle marque de fatigue, nul signe de manque d’eau ou de nourriture. Pas question, donc, de se risquer à en attaquer une.
Quelle lubie germa dans la tête de Peck, ce jour là ? Toujours est-il, qu’à la vue et à l’odeur du troupeau, il stoppa net sa course, fit un écart, et partit en trombe en direction de la horde, droit sur elle. Gogan et Malkia unirent leurs cris pour le sommer de s’arrêter. Mais, rien n’y fit, car une fois parti dans sa course folle, plus rien ne pouvait stopper Peck.
Ayant déjà atteint une assez grande taille, et disposant de toute l’énergie de sa jeunesse, ce dernier fonçait tel un lièvre en direction de la masse poussiéreuse et tonitruante des bœufs musqués. Filant à une telle vitesse, lors du choc, il allait inévitablement être happé par la horde, qui ne serait nullement effrayée par un loup solitaire fonçant sur elle. Elle ne le remarquerait même pas. Il ne lui ferait pas plus d’effet qu’une feuille emportée par le vent.
Gogan et Malkia, comprenant le danger imminent pesant sur Peck, arrêtèrent immédiatement leurs cris et leurs appels, et unirent leurs efforts dans une course aussi intense que rapide. Ils atteignirent le maximum de leur vitesse. Ils galopaient, le souffle court et savaient pertinemment qu’ils ne pourraient maintenir un tel régime longtemps. Ils devaient à tout prix rejoindre Peck au plus vite et l’arrêter, l’empêcher de venir se fondre dans la masse houleuse et violente de la horde, sinon, ils allaient immanquablement atteindre les limites de leurs forces et devoir abandonner la poursuite.
L’un entraînant et stimulant l’autre, Gogan en tête, et ensuite, Malkia, ils finirent par rejoindre Peck alors qu’il se trouvait à quelques centaines de foulées de la horde. A ce moment là, ils commencèrent de concert leur manœuvre : Malkia commença à lui mordiller les flancs et les pattes, du côté gauche, tandis que Gogan continuait sa course en le serrant du même côté. Meurtris par les coups de dents de sa mère, et poussé par le corps puissant de son père, peu à peu, Peck orientait sa course vers la droite. Insensiblement et sans en avoir conscience, il tournait, il commençait à partir dans une direction qui l’éloignait de la horde.
A un peu moins d’une centaine de foulées de celle-ci, Gogan et Malkia étaient parvenus à le faire tourner complètement, à lui faire accomplir un demi-tour parfait. Là, ils relâchèrent leur effort, laissèrent Peck partir devant. Ce dernier courrait maintenant en direction de la piste précédemment abandonnée. Il ne s’était même pas aperçu qu’il avait tout à fait changé de direction ; seule sa course folle lui importait.
Ses parents avaient pris maintenant, tranquillement, un petit galop, en essayant de retrouver leur souffle. L’urgence était passée, ils pouvaient enfin souffler………….jusqu’à la prochaine fois !
Lorsqu’ils atteignirent leur point de départ, sur la piste, ils trouvèrent Peck, paisiblement allongé dans l’herbe, récupérant de ses efforts, aux côtés d’une Daïka, boudeuse et mécontente, qui n’avait même pas trouvé la force de passer un savon à son frère. Daïka rongeait ses griffes en silence et émettait, de temps en temps, des grognements rageurs, lents et prolongés à l’encontre de ce dernier.
A l’arrivée de ses parents, elle se dirigea vers eux, attendit qu’ils aient récupéré, et ensuite, se colla pratiquement à eux pendant la suite de la course, laissant Peck, courir seul derrière.
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Leur changement de terrain de chasse les amena à de nouvelles rencontres. Ils traversèrent une zone habitée par de nombreux grizzlis, une région superbe de forêts de résineux, et de rivières riches en saumon, où le gibier abondait, mais, où malheureusement, les ours, trop nombreux et peu enclins à partager leur menu journalier, rendaient la cohabitation trop difficile et dangereuse. Notre famille passa donc son chemin, non sans avoir, au passage fait main basse, enfin, disons plutôt « patte basse » sur quelques chiens de prairie et quelques écureuils.
C’est avec un grand regret qu’ils quittèrent ce territoire abondant en gibier varié, qui leur mettait l’eau à la bouche, mais un dernier affrontement particulièrement terrible avec un puissant grizzli mâle acheva de les dissuader de rester dans un tel lieu.
Un matin, à l’aube, donc, ils quittèrent cet éden gastronomique pour une destination totalement inconnue.
Au fil de leur marche, ils sortirent de la zone de forêt et de prairie, atteignirent rapidement les hauts pâturages d’altitude, et puis, brusquement, les profonds canyons et les zones de roches escarpées et raides. Gogan ouvrait la marche suivie de Daïka, puis de Peck, et fermant la marche se trouvait Malkia.
Dans un endroit particulièrement raide et dangereux, où sous leurs pattes le ravin plongeait dans un abîme insondable et invisible, Peck se mit à faire le fou, à courir n’importe comment, à faire comme si, il avait, tout à coup envie de doubler Gogan et Daïka. Il se mit à les pousser, leur mordiller les pattes arrière, s’agiter dans tous les sens, en dansant presque sur place. Non content de s’agiter ainsi et de les mettre tous en danger, il se mit également à pousser de véritables hurlements : - Houuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu…………………………..
Gogan, Malkia et Daïka n’en croyaient ni leurs yeux ni leurs oreilles. C’était bien le moment de faire une telle crise, surtout dans un tel endroit, sur une pente aussi raide ! Gogan grogna, ainsi que Daïka et Malkia, mais rien n’y fit, Peck continuait de plus belle.
Les parents savaient parfaitement qu’un tel lieu devait constituer l’habitat privilégié du grizzli, et ils n’avaient vraiment pas l’intention d’attirer l’attention sur eux. Mais, sans nul doute, les hurlements de Peck avaient du prévenir tout grizzli à plusieurs milliers de foulées à la ronde. Ils commençaient à se faire un sang « de corbeau » (Noir comme l’encre !!!) Ils en étaient là de leurs ennuis, quand tout à coup, probablement alertés par les cris de Peck, face à eux, un peu plus haut, ils aperçurent trois grands loups qui les regardaient.
HUGO, LES CHEVAUX, etc............. VERSION COMPLETE ET REVISEE
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