ON PEUT REVER ! NON ? Texte

Publié le par Mirélie




ON PEUT REVER ! NON ?

 

 

Pour moi, l’écriture ne doit pas se cantonner à un seul et unique style. Je suis pour les écritures différentes, les écritures variées et ce soir, j’ai eu envie d’imaginer la rencontre deux jeunes gens issus de milieux radicalement différents. Qui dit lieux différents dit langages différents Et je suis donc allée emprunter au langage de la banlieue pour faire parler l’un d’eux.

Aujourd’hui, j’ai imaginé qu’un garçon de « bonne famille » Nicolas, 18 ans, du genre de la famille Duquesnoy rencontre par pur hasard un jeune des banlieues défavorisées, Karim, 17 ans, du genre de la famille Groseille.

(Qui a oublié « La vie est un long fleuve tranquille » ?

 

Karim rentre de sa journée d’apprentissage dans un garage automobile, Il circule sur sa « mob » et il est un peu dans la lune, car il pense à sa nouvelle petite amie, Fatima, dont il se sent très très amoureux, et qui lui occupe complètement ses pensées. A la sortie d’un virage, en plein cœur de la capitale, il ne voit qu’au dernier moment Nicolas qui traverse la rue en passant derrière un camion mal garé, Il ne peut malheureusement pas l’éviter et c’est l’accident.


Karim : " Eh Mec, comment qu’t’es fracasse ? T’as l’air d’avoir mal ? »

Nicolas : « Bien sur, que j’ai mal, je peux plus bouger la jambe droite, Je n’arrive pas à me lever. »

K : « J’spèr qu’t’as rien, sinon j’vais drôl’ment m’fair jarter par ma daronne. »

N : « Attends que je puisse me lever et alors, on verra si j’ai rien de cassé. Attends, j’arrive tout juste à parler tellement ça me fait mal !!! »

K : « Qu’est’c’qu’c’ truc, là, tout défoncé, on dirait un truc pour jouer de la Zique

N : « Oh, merde, mais c’est mon violon dans son étui, … Comment je vais faire maintenant pour aller au Conservatoire le Mercredi ?

 

Pendant qu’il parle, Nicolas, commence à se lever et essaye de ramasser les morceaux de son violon. Karim a l’air effondré, il ne sait plus où se mettre et pour ne pas montrer qu’il est très embêté, il regarde sa mobylette qui a pris un bon coup dans le phare.


N : « Alors, là, je risque plus de jouer au Conservatoire, et quand je pense que j’ai une audition la semaine prochaine ? Mais comment je vais faire ? Il fallait juste que je tombe sur toi, ce soir ? Et que tu me rentres dedans comme un fou ?

K : « J’suis pas ouf, mec, juste un poil distrait, je pensais à ma meuf, la nouvelle, car je la kiff’trop, c’te meuf c’est d’la balle et j’voudrais tout’l’temps être avec elle..J’sais pas quoi fair’ mec. Ce soir, j’suis trop relou. Sérieux, j’suis trop naze…

N : « Que tu sois « naze » c’est pas mon problème, à moi, t’avais qu’à faire attention, c’est tout. Et puis, qu’est ce que c’est que cette mobylette, encore un truc volé ?

K : « Non, mec, j’l’ai pas chouravée c’te mob. J’ai taffé comme un ouf, l’été dernier pour pouvoir m’la payer. T’sais, chez nous, on a pas trop de thunes, mon p’titfrère, il est drôle, trop bizarre, i peut pas manger com’nous, juste de la viande bien maigre et des légumes frais, alors ma daronne, elle claque un max de thunes pour lui, et nous on’s tape des pâtes et des pom’de ter tout’la s’maine. Mon daron il a plus de taf depuis des siècles… Il en trouv’plus, alors c’est la dèche. »

N : Ca va, ça va, ne me racontes pas ta vie, je m’en fous. Moi, je vais à la Police. »

K : « Les keufs ? Ah, non, pas ça mec. J’ai jamais eu de problem’ avec eux, alors s’te plais fous moi la paix avec c’teu race. J’ssaie de m’en tirer, j’ssaie de pas faire de conn’ries, alors que mes pot’, eux y sont presqu’tous déchirés. Moi, j’ai encor’des idées, des rêv’, j’veux pas tomber dans la dope. J’apprend dans un LEP pour faire le mécano, et je taffe dur, j’t’jure, le prof I dit qu’j’suis le meilleur, je cartonne, Mec. Les tires, ell’s ont plus de s’cret pour moi.  Mais, mon rêv’ à moi, ce s’rait le Piano.

N : « Le P i a n o ! Mais qu’est que tu me racontes là ? Toi, avec tes basquets pourris, ta casquette à l’envers, toi, tu veux jouer du piano ?

K : « Eh, quoi, mec, pourquoi qu’moi j’pourrais pas ? Une année y’a un prof’ qui nous a tous emmenés voir un film, un film que j’ai trop kiffé, « Ray » qu’il s’appelait. Depuis, j’en rêve d’c’t’histoire, moi j’ai toujours rêvé de  jouer du piano. Eh alors, Y a pas que les fils de riches, plein de thune, qui peuvent jouer du piano, non ? C’est vrai que c’est complèt’ment auche pour moi d’essayer. Mes potes i m’trouvent déjà chelou, car j’fais pas les mêm’choses qu’eux, alors si je leur parle du piano,Tu vois un peu la honte !

N : « Si je comprends bien, tu voudrais apprendre le piano et à part moi, tu n’en as parlé à personne ?

K : « C’est ça mec, mais t’es pas relou, toi, t’as tout pigé du premier coup ?

N : « Si tu es comme tu dis, si tu travailles vraiment à ton LEP, si tu es honnête, je peux peut-être essayer de t’aider. Mes parents, eux, ils ont plein d’argent, mais ils ne sont pas égoïstes, et parfois, ils me disent qu’ils aimeraient bien aider des jeunes des banlieues à s’en sortir, mais ils ne savent pas comment faire, car ils ne distinguent pas les bons des mauvais. Alors, si tu me jures que tu ne me mens pas, si tu me jures que tu vas vraiment travailler, je veux bien te les présenter, et ensuite on te fera connaître un bon prof  de piano, mais pour le Conservatoire, là, il faudra tout de même attendre.

K : « Merci, mec, mais c’est d’la balle ton histoire ! Tu vas m’aider ? Oh merci Mec. J’te jure qu’j’vais taffer comme un ouf. Person’me reconnaîtra plus. J’vais dev’nir encor plus un modèle d’élèv. J’croyais qu’t’étais un bouffon, un creuvard mais t’es un vrai pote ! J’croyais qu’ tu’t carrais d’moi, mais c’est pas vrai. Cimer Nicolas, cimer….Mais au fait t’es pas mito, au moins, car alors là, j’s’rais mal ? Et tu crois qu’ça va chémar ?

N : « Non, je te jure que je ne ment pas, mes parents n’attendent que ça. Dès que tu veux, on passe les voir. Quant à ce que cela marche ou pas, ça dépend de toi, Karim, si tu bosses bien tes exos et tes gammes.

K : « Sérieux, mec, t’es trop sympa ! Je rentr’chez moi me laver, me changer, car là regardes, mon pantalon est tout déchiré, et je te suis ce soir si tu veux.

N : « D’accord, Karim, viens ce soir à 21 heures, mais ne leur dis pas que l’accident c’est toi, car là, ça pourrait un peu les énerver quand même. Voila, je te note mon adresse sur ce papier et je t’attends.

K : « Oh, cimer, Nicolas, vraiment cimer, à c’soir !

 

Quand à savoir, si, par la suite Karim devra s’acheter un piano, où il trouvera l’argent, et où il le mettra, je laisse le lecteur imaginer la suite de l’histoire,

Mais il n’est pas interdit de rêver, non ?

 

La suite est en ligne maintenant


 

 

Petit dictionnaire de la banlieue

- Jarter ......................... Jeter

- Daronne .................... Mère

- Daron ......................... Père

- Ouf ............................. Fou

- Meuf ........................... Femme

- Kiffer ...........................Aimer

- Balle .......................... Exprime l'enthousiasme

- Relou ......................... Lourd

- Chouraver ................. Voler

- Taffer ......................... Travailler

- Ouf ............................. Fou

- Keufs ......................... Les policiers

- Déchiré ...................... Qui a pris du cannabis

- Auche ........................ Dur, difficile

- Chelou ....................... Louche

- Bouffon ...................... Qui n'appartient pas au clan

- Creuvard ................... Egoïste

- Se carrer ................... Se moquer

- Cimer ........................ Merci

- Mito ........................... Menteur

- Chémar ..................... Marcher



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A
merci Mirélie pour la journée de l'amitié et contente que ma critique ne t'ai pas vexée... Tu verras, tu vas vite progresser et ton imagination va s'aiguiser... Grosses bises Brigitte
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M
<br /> Côté imagination ça va plutôt bien, mais il faut organiser tout ça.... créer les personnages, et surtout créer des caractères qui tiennent la route.... Dur dur<br /> Bisous<br /> Mirelie<br /> <br /> <br />
A
Une belle histoire qu'on aimerait voir un peu partout dans les cités, hélas c'est pas toujours le cas, en attendant tous ces jeunes sont parfois des laissés pour compte...amitiés
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A
Bonjour Mirélie. Ton histoire est prenante mais, si je puis me permettre une critique, (je vie en cité HLM, mon fils écoute du rap, je connais Grand corps malade), un "lascar" des quartier ne sympathisera pas si vite avec un" ptit bourge."... Ca sent un peu trop les bons sentiments... Surtout ne prend pas mal ma remarque.Bonne JournéeBises Brigitte
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M
<br /> Bonsoir Ange nu, j'aime beaucoup quand on me dit la vérité, car tu vois, parfois je me demande à quoi sert un blog si ce n'est que pour avoir des compliments, car j'aime les vrais<br /> critiques.....<br /> Tout à fait d'accord avec toi, mais comme je démarre en écriture, surtout pour les petites nouvelles, mon imagination n'est pas très entrainée, et j'avoue avoir fait une fin un peu bâteau...<br /> Gros bisous<br /> Mirelie<br /> <br /> <br />
D
belle histoire...
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M
<br /> Merci Daniel<br /> <br /> <br />
@
pas facile de lire le langage de karim......j'ai peiné !!!!!!!<br /> bon alors oui on peut rêver si ce gamin veut jouer du piano, il peut y arriver; il faut juste lui en donner les moyens et il a sûrement fait la bonne rencontre <br /> bisessss je vais lire la suite
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M
<br /> Quand on entre dans un style de langage, on s'y plonge à fond (à "donf") tu vois ça revient facilement !!! et c'est très amusant, et d'ailleurs je pense réessayer avec une autre histoire, tu<br /> devrais garder le lexique au cas où <br /> Bisous Alex<br /> <br /> <br />