UN SAMEDI SOIR A PARIS - Jeu d'écriture

Publié le par Mirélie


nous propose cette semaine d'écrire un poème en vers ou en prose à partir du titre d'une chanson de Cabrel "un samedi soir sur la terre".

Consigne : votre chanson devra impérativement commencer ou terminer par les mots "un samedi soir sur la terre".
Mettez en ligne vos participations sur vos blogs avec si possible un lien actif vers "Oiseau lyre". Prévenez-moi dés qu'elles seront publiées et je viendrai les chercher.



Comme pour les autres défis poétiques, il n'y a pas de limite date.... 3, 2, 1 .... A vos plumes ! Amusez-vous bien...

Voici ma proposition

UN SAMEDI SOIR A PARIS

 

Paris,

Avril 2008,

Un samedi soir,

Aéroport Charles de Gaulle,

Il fait presque nuit.

 

Un taxi noir s’arrête,

Une portière s’ouvre,

Dans la brume et le silence

De la nuit qui s’avance.

Une femme en descend.

 

Une femme brune

Aux cheveux bouclés

Belle, très belle,

Portant juste un jean

Et un pull col roulé,

Elégante, fine,

Du genre de beauté,

Qui se passe d’accessoires

Et d’artifices

Car sa beauté à elle

Rayonne de ses cheveux,

Irradie de ses yeux

De sa bouche entrouverte

De tout son être

Tout simplement.

 

Un homme la suit, grand

Très beau lui aussi, mais

Moins à l’aise qu’elle

Dans son corps.

On sent qu’il est porté

Par sa beauté à elle.

On sent qu’elle le tient

Par un fil invisible

Et que si ce fil se rompt

Il ne tiendra plus debout

Il va s’effondrer.

Il ne sera plus rien.

 

Il porte une grande valise

Et un sac élégant.

Ils avancent assez lentement.

Ils ne sont pas pressés.

Ils se dirigent vers le guichet,

Ils enregistrent les bagages.

Et puis, ils s’asseyent

Dans le hall de l’aéroport.

Ils restent là un peu plus longtemps que prévu.

L’avion se fait attendre

Des turbulences dans les airs.

 

L’attente est difficile.

Il ne sait que faire de ses mains,

De ses pieds

Qui bougent tout le temps.

Elle parle, lui parle,

Lui dit les choses qu’on devine.

Elle essaie de lui sourire,

De le faire sourire.

Il a du mal à réagir.

Il ne voit rien autour de lui,

Il ne voit pas les gens

Courant dans tous les sens.

Il ne voit pas le mouvement.

Il ne voit pas le petit enfant

Qui tombe devant lui.

Il n’entend pas les annonces

Du haut parleur.

 

Et tout à coup, il entend une annonce

Celle de son avion à elle.

Alors, ils se lèvent ensemble.

Ils marchent très lentement

Vers la porte d’embarquement

Une dernière porte à franchir,

La plus pénible pour eux.

Ils s’arrêtent,

Ils se regardent.

 

Alors, lui qui, jusqu’à présent

Restait quasiment figé,

La tire contre lui, la serre,

L’embrasse,

Ne peut plus la lâcher.

Ce sont des adieux sans fin

Jusqu’au moment où,

Ils comprennent

Que ce doit être fini.

Ils s’embrassent une dernière fois.

Ils se touchent une dernière fois.

Ils se regardent une dernière fois.

Puis elle détourne la tête.

Elle marche vers la porte

Elle franchit la porte

Elle est déjà de l’autre côté.

Elle part pour très loin

Elle part pour toujours.

 

Lui demeure, immobile, sans rien faire.

C’était un samedi soir sur la terre.

 

25 Avril 2009

Michèle Durand

 

 

 


 

 


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Publié dans Jeux d'écriture

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Commenter cet article
M
C'est un joli texte rempli de détails qui nous transporte dans l'atmosphère de cet aéroport Bien triste fin mais jolie histoire Marie
Répondre
M
<br /> Que veux tu, la vie n'est pas toujours gaie , loin s'en faut.....<br /> Bises<br /> Mirelie<br /> <br /> <br />
D
Coucou Mirélie, Waouh c'est SUPER BEAU mais SUPER TRISTE .... Superbe ta participation Mirélie. Je la rajoute de suite sur "Oiseau lyre". Merci à toi douce Mirélie, pour des mots aussi jolis, qui brilleront sur Oiseau lyre de l'émotion qu'ils inspirent. Bisous et bonne journée à toi. Merci pour ton émouvante participation. Déborah
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M
<br /> Bonjour Déborah, en fait ce texte fait partie de mes premiers écrits, au moment où j'avais plein de choses tristes à sortir et où ça sortait un peu en vrac Et je n'avais pas encore trouvé l'occasion de le publier, car je ne voulais pas toujours publier des choses tristes, après des<br /> métaphores sur la dégradation de la planète, l'ignorance des peuples indiens, etc;.... Par contre, là il me semblait bien adapté au sujet vu que tout était centré sur quelques heures...<br /> J'ai juste inversé le matin (au début) par le soir !!!<br /> Merci de tous tes compliments Déborah<br /> Par contre, je voudrais me documenter sur l'utilisation des métaphores qui se succèdent en poésie, car je n'y connais rien... je vais voir,;.... c'est encore pour changer de style et faire quelque<br /> chose de nouveau<br /> Bisous et bon après midi<br /> <br /> <br />
P
Serait-ce du vécu ? c'est beau !
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M
<br /> Cette histoire est une pure fiction. Et cela fait plusieurs fois que l'on me demande si j'ai vécu mes histoires, mais non, à un certain moment je me projette ailleurs pour écrire...<br /> Merci de tes compliments Plume, qui me touchent beaucoup venant de toi<br /> et bonne journée<br /> Mirelie<br /> <br /> <br />
@
une belle histoire mais pas un compte de fée <br /> bonne nuit michèle<br /> bisousssssssssss
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M
<br /> Tu sais Alex les contes sont souvent très violents et noirs aussi... (Barbe bleue, le Petit chaperon rouge, etc...)<br /> Bonne journée<br /> Je dois avouer que ce texte ci est très triste<br /> <br /> <br />
E
Encore un joli texte, Mirélie... Bravo et bisous
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M
<br /> Assez triste, mais bon et puis si tu regardes la date, il est déjà ancien ?!!!<br /> Bisous<br /> <br /> <br />