LA NAGEUSE - Poème
Debout sur le plot
Au bord de la piscine,
Bras le long du corps,
Corps allongé, très allongé.
Muscles fins saillant
Sous la combinaison Bodyskin,
Vêtement moulant la silhouette
Comme une seconde peau synthétique.
Corps musclé, élégant, gracieux,
Harmonieux,
Irradiant l’aisance et la facilité.
Corps bien dans sa peau,
L’originale et l’artificielle.
Tête et cheveux pris dans le bonnet,
Ne donnant plus de l’ensemble
Que l’image d’un ovale parfait.
Le buste se penche en avant,
Les bras et les mains reculent vers l'arrière,
Les cuisses se contractent,
Les mollets, le dos aussi.
Position du félin près à bondir.
Le regard est concentré,
Fixant l’eau immobile.
La force est retenue.
On sent la tension,
L’énergie latente,
En regardant seulement
La position et l’allure de ce corps,
Qui se prépare
A donner le meilleur de lui-même
A dégager de ses muscles,
En un effort extraordinaire,
Sa meilleure performance.
Ca y est ! Elle a plongé !
Plongé dans l’eau avec une infinie élégance,
Un glissé inouï,
Une vitesse incomparable !
Déjà, ce plongeon,
L’amène presque vers le milieu du bassin.
Déjà, ça de gagné !
Le plongeon s’est vite converti
En glissé profilé,
En ondulations rythmées
Et continues
Qui projètent le corps
Encore plus loin dans l’eau.
Après ces instants
Où la vitesse ne semblait
Acquise que par ce jet
Ce glissement,
Sans effort apparent,
Les muscles commencent
A se mouvoir très rapidement.
Et c’est l’enchaînement
Des passages de bras,
Du battement des pieds.
Le bras droit glisse
Et entre légèrement dans l’eau,
Plus qu’il ne la frappe,
La tête sort à gauche, vite
Très vite,
Pour aspirer une goulée d’air
Indispensable.
Le bras gauche à son tour,
Glisse, attrape l’eau,
La pousse verticalement de bas en haut,
Puis, toujours aussi vite ,vers l’arrière.
La tête alternativement,
Se tourne à droite ou à gauche pour respirer.
C’est un enchaînement incessant,
Une succession de mouvements,
Prodigieusement rapides,
Efficaces, et fascinants.
Cet enchaînement l’amène rapidement,
En quelques passages de bras seulement,
Au bout du bassin, où,
Quelques mètres déjà avant de l’atteindre
C’est le revirement,
La culbute parfaite.
Le corps se plie brusquement,
Pivote,
Se retourne dans un élan foudroyant,
Les pieds projètent le corps en avant.
Le glissement,
Les ondulations
Reprennent, recommencent.
Nouveaux passages de bras,
Battements rapides des pieds
Bouche avalant vite de l’air,
Vitesse prodigieuse,
A nouveau, le bord du bassin,
Retournement,
Culbute,
Glissement,
Ondulations,
Bras, jambes…
Respiration sur le côté,
Corps tout entier….
Elle tient presque plus du dauphin
Que de ses congénères terriens.
Son élément de prédilection
Est sans aucun doute l’eau.
Son aisance est si belle,
Sa nage si spectaculaire
Et fascinante,
Qu’on ne se lasse pas de la regarder !
Mi femme mi poisson,
Probablement fille de Poseidon,
C’est la perfection incarnée !
6 Mai 2009

