MICA, LA PETITE ABEILLE ET SOFIA , LA GUEPE - Conte en poésie

(image provenant du net)
Mica l'abeille
Au commencement de l’été,
En Haute Provence, dans les prés,
La chaleur se libère,
Exulte et remonte de la terre.
En début d’après midi,
Quant le soleil est au zénith,
Sur les coquelicots, les marguerites,
La sauge, ou l’aconit,
Les insectes sont ivres,
Les papillons volètent et butinent,
Sans s’arrêter un seul instant
Comme si les fleurs risquaient
De perdre leur pollen à tout moment.
C’est ainsi,
Au hasard de ses errements,
Et de ses butinements,
Que la petite abeille Mica,
Rencontra,
Dame la Guêpe Sofia.
Vroummmm, « Pardon, Dame Sofia,
J’ai bien failli ne pas te voir,
Et te foncer dedans !
Mais que fais tu donc ici,
Parmi les insectes butineurs,
Les bourdons, les papillons,
Mouches et moucherons ?
Ce n’est pas ton domaine.
Je croyais que tu préférais,
Pour repas, les restes faisandés
Des oiseaux abattus par les chasseurs,
Ou autre friandise du même genre ?
Mais, les fleurs, leur pollen,
Non, ça, ce n’est pas pour toi ?
Il ne faut pas nous déranger
Pendant notre repas. »
« Comment, …. Ne pas te déranger ?
Mais, je suis ici chez moi,
Partout je suis chez moi.
Je fais ce que je veux,
Je vais où bon me semble.
Et, cela ne te regarde pas ! »
« Mais, dame guêpe,
Il faut me comprendre.
J’en ai assez que l’on me prenne pour toi.
Alors si tu viens aux mêmes endroits que moi,
Cela va aller de pire en pire.
Nous somme si semblables, toi et moi.
Nous avons six pattes,
Nous avons presque la même forme,
Et chacune de nous porte une paire d’ailes.
Si semblables et si différentes en même temps.
Toi, tu es très jolie,
Tu portes une somptueuse robe jaune rayée de noir,
Tu as une ceinture qui te fait une taille de ….eueuhhh guêpe !
Tu es très élégante et tu te fais toujours belle,
Pour séduire, pour plaire.
Tandis que moi, je suis toute terne,
Ma robe est simplement brune ou noire,
Sans aucun artifice ou décoration.
Mon corps est trapu.
Je n’ai rien qui attire le regard ou l’attention.
Si bien que les humains, eux,
Ne croient pas qu’une abeille puisse être aussi laide.
Ils soupçonnent que l’adorable bestiole
Qui leur fabrique un si délicieux nectar,
Est forcément agréable et jolie.
Ils croient que je suis toi.
Toi qui pique si fort qu’ils en hurlent de douleur.
Alors que font-ils ces humains ?
Eh, bien, ils me chassent,
Ils essayent de me tuer par tous les moyens.
Ils n’aiment que ce qui est joli, ce qui est beau. »
« Que veux tu que je te réponde,
Ce n’est tout de même pas de ma faute,
Si je suis jolie, si je suis élégante, et si je plais, Non ?
Je ne suis tout de même pas responsable de tes problèmes »
« Un petit peu quand même,
Car on nous confond,
Et je paye pour toi.
Tu ne te rends pas compte des risques que je prends !
Quand, toi, tu es en danger,
Quand un humain s’approche,
Et qu’il essaie de te toucher,
Tu n’as qu’un geste à faire : le piquer,
Une fois, deux fois, trois fois et même plus.
Toi, tu es super équipée,
Tu te sers de tes puissantes mandibules
Pour le mordre très fort.
L’humain est foudroyé
Par ton venin. Il hurle,
Il court vite se soigner.
Et, toi, pendant ce temps,
Tu restes tranquille pour manger…
Mais moi, si un humain en croyant que je suis toi,
Essaie de m’attaquer,
Parce qu’il se croit en danger de tes piqûres,
Je ne sais que faire,
Je n’ai aucune alternative,
Car moi, si je le pique,
Moi, si je me défend,
En lui enfonçant mon dard,
En perdant ainsi une partie de moi,
Moi, qui suis si gentille,
Qui lui fabrique un miel si délicieux
Pour ses enfants,
Eh… bien …. Moi, je meurs instantanément. »
16 Mai 2009
Michèle Durand
(image provenant du net)
Sarah, la guêpe