LE RENARD ET LE MOUTON - Conte en poésie
Le petit renard roux, nommé Filou,
Au hasard de ses promenades,
Rencontre Pompon, le gentil mouton :
« Bonjour, joli petit renard roux »
« Salut, gros mouton tout rond,
Que fais tu par ici, dans cette montagne ?
N’as-tu pas peur de moi,
Qui fais partie des prédateurs ? »
Pompon, de répondre : « Moi,
Craindre du danger,
De la part d’une créature aussi petite que toi,
Car tu est, tout de même, plus petit que moi ? »
« Plus petit, plus petit…. A voir !
Car, plus petit ne veut pas forcément dire,
Moins dangereux.
J’ai de la force moi,
Je suis tout musclé,
Et bien entraîné à la course
Et à attraper mes proies.
Je dispose de canines que tu n’as pas.
Tandis que toi, tu flânes,
Tu broutes, tu te reposes,
La belle vie, quoi !!!
Mais quand survient le danger,
Alors, là il n’y a plus personne
Et vous filez tous ensemble
Comme…euheuheuh…..
De stupides moutons ! »
« Stupides moutons,
Tu exagères tout de même !
C’est vrai que nous craignons tout
Et quasiment tous les animaux,
Et que nous ne savons pas nous séparer,
Mais, toi, tu es si petit !
Et puis tu es tout seul »
D’accord,…..d’accord,
Je suis tout seul !!!
Mais, moi, je suis quand même un grand prédateur,
Petit par la taille, mais prédateur quand même.
Et puis, si tu ne me crains pas,
Pourquoi alors ne pourrions nous pas
Devenir des amis ? »
« Etre ami avec toi ?
Mais, tu plaisantes !
Ami avec un renard roux,
Tu vas me rendre fou !!!
Que vont penser les autres moutons,
Mes amis, mes parents,
Mes enfants,
Si je prends pour copain,
Un animal aussi différent que toi,
Et en plus d’une autre couleur ?
Ils ne vont même plus vouloir,
Que je broute à côté d’eux,
Ils vont m’ignorer, me snober.
Je vais me retrouver tout seul
A la merci de tous les dangers. »
« Tu ne sauras pas tout seul,
Puisque nous serons amis
Et que moi, je ne te quitterai jamais !
Et je saurai te protéger. »
« Me protéger,
Tu en as de bonne, toi !
Il n’est pas question
Que je recourre à ta protection.
J’entends rester avec mes congénères,
Je veux rester avec mes semblables,
Mes amis les moutons. »
« Cependant,
Quand vous restez entre vous,
Vous avez peur du loup.
Et pourtant lui aussi,
Souvent, il est tout seul.
Quand il arrive sur vous,
Vous démarrez en trombe
Et vous fuyez de partout. »
Oh ! Le loup……
Parfois, il nous attaque,
Et il prend l’un de nous,
Il le mord, il le mange,
Il a vraiment l’air affamé.
Mais il n’y a pas que lui
En matière de danger.
Parfois, il y a des chiens,
Qui nous font le même effet.
Les chiens, eux, c’est pire,
Car ils ne ressemblent pas au danger.
Parfois, ils sont pareils à notre chien à nous,
A notre gentil Patou,
Qui vient des Pyrénées.
Mais, en fait, ils n’en n’ont que l’apparence,
En réalité, ils sont déguisés.
Nous les moutons, on ne s’en méfie pas,
Et ils font ce qu’ils veulent.
Nous ne fuyons pas quand nous les voyons
Et du coup, ils attrapent encore plus de moutons.
Tu vois, Petit renard,
Le danger,
Il n’est pas vraiment
Là où on l’attend
Et là où on pense le trouver.
Le danger …, toujours, il nous surprend.
Michèle Durand
16 Mai 2009