JEU D'ECRITURE DE MADINE - LES CHEMINS DE RANDONNEES

Publié le par Mirélie


MADINE
lance le jeu suivant :
ECRIRE UN TEXTE SUR LES CHEMINS DE RANDONNEES


Etant fan de randos depuis ..............
30 ANS !!!!!!!!!!
Je ne peux manquer d'y participer

Pour cela, je publie deux textes déjà publiés :

Voici ma première participation



LE LAC DE LAUZON ET LE COL DE CHARNIER



Une randonnée de montagne n’est pas une simple balade pour laquelle,
on se lèverait à n’importe quelle heure, on improviserait, et on pourrait  se passer d’équipement particulier.
Une randonnée de montagne, ça se prépare, ça s’organise.

Tout commence par l’itinéraire, étudié précisément sur la carte. Et là, pas n’importe quelle carte,la carte au 25 millième, qui nous permet de voir, le relief du terrain et son aspect, les dénivelés,l’orientation des versants. Tout cela est très important, surtout quand on part à deux seulement, et où le moindre accident peut s’avérer grave très rapidement.
Il faut penser à tout, aux névés que l’on risque de traverser, à l’eau que nous n’allons pas trouver, au vent qui peut se lever, au froid, à la chaleur, aux coups de soleil, à la petite blessure, à la fatigue, il faut donc toujours avoir dans la journée une marge de sécurité, et donc, surtout ne pas prévoir de rentrer à la nuit tombée.
La nuit qui tombe nous a déjà surpris, mais ne nous a pas mis en danger,
car nous avions justement prévu cette marge.

Vous allez me répondre, « Mais où est le plaisir, avec autant d’organisation et autant dedangers prévisibles ? »
Le plaisir c’est l’impression d’aventure, le sentiment de s’évader, d’arriver à un endroit,où l’on se retrouve tous seuls, parfois avec un chamois ou un aigle, seulement.
Certains hommes sont faits pour éprouver ce sentiment, et mon mari et moi en faisons partie. Et, justement, à deux seulement, car comment éprouver cela,ressentir cette solitude des grands espaces en étant en groupe de vingt ou trente.
Pour nous au sein de tels groupes, ce n’est plus de la randonnée de montagne,ça ressemble à un voyage organisé.

Hier, nous sommes partis pour faire le Lac de Lauzon et le Col de Charnier tout près de Lus La Croix Haute.
Le Lac était bien prévu, mais pour le Col, on s’était dit qu’on verrait sur place l’allure du terrain et selon la fatigue.
Car contrairement, aux randonnées en groupe, nous ne faisons jamais de
reconnaissance avant, et chaque balade est donc une surprise.
Au début le chemin était large, comme c’est souvent le cas dans les vallées.
Il serpentait entre saules, buis, hêtres et sorbiers et s’élevait doucement
jusqu’à une cabane au bord d’un torrent.
A partir du torrent, c’est là que la balade s’est tout à coup transformée
en randonnée de montagne et en vraie !!!
Le chemin s’est transformé en minuscule sentier, qui la plupart du temps,
montait pleine pente, c'est-à-dire sans faire de lacets.
Le corps penché bien en avant, pour ne pas risquer de basculer en arrière,
les mollets, les cuisses contractées, le regard fixé au sol, car il ne s’agit pas
de glisser en posant le pied sur un endroit instable.
Trois cent cinquante mètres de dénivelé de la sorte, si l’on n’est pas bien
entraîné, si l’on n’a pas de souffle, si l’on craint le vertige, si l’on est soumis
aux crampes, il vaut mieux ne pas s’y aventurer. Car une fois partis,
nulle alternative. Dans une telle montée, mieux vaut ne pas s’arrêter !!
D’abord, parce qu’une fois arrêtés, si l’on parvient dans ce terrain si raide,
à trouver un endroit où s’asseoir, il est vraiment très difficile voire impossible de repartir tant les muscles reposés vont avoir des problèmes à se remettre en route sur un tel terrain. Et, ensuite, car tout autour de soi est si aérien, si pentu,qu’il faut vraiment être épuisés pour ressentir l’envie de s’asseoir au milieu de rien !!!
Donc, nous sommes montés d’une traite.
Mon mari me disait, « mais pourquoi, montes tu si vite ? » J’ai gravi ces 350 mètres pratiquement sans m’arrêter, car je crains tant le vide que cela me donne des ailes !!!




Et, tout à coup, surprise, la cascade qui s’écoule du lac, quelques pas encore, les derniers et pas les plus difficiles, et Oh ! Merveille ! Le lac est devant nous.Petit lac dans un écrin de verdure avec encore quelques névés autour.
Enserré d’éboulis, de rochers, de pics, de sommets.
Le calme et le pittoresque du site contrastent vraiment avec la
pénibilité de la montée.
Lieu où nous pourrions décider de nous arrêter, de nous reposer, de profiter du paysage. Mais il n’est qu’onze heures trente, et nous avons toute la journée devant nous.



Nous sommes montés plus vite que le temps donné sur notre topo, comme
souvent d’ailleurs lors de nos randonnées. Alors, nous décidons d’essayer de monter jusqu’au col. La montée se présente uniquement dans les rochers, plus d’herbe du tout,rien que du minéral, rien que de la neige, tout devient absolument sauvage, et c’est bien cela que nous adorons.
Vue d’en bas, la montée apparaissait relativement facile, à mes yeux, serpentant entre les rochers, contournant des névés et arrivant au col lentement.
Sur le terrain, cela a été différent. Au début, le sentier s’élevait effectivement doucement entre les pierres, mais ensuite, entre les névés qui restaient, les rochers departout, et sans doute les pierres tombées à la fonte de la neige, nous n’avions plusde sentier, et montions à vue vers le col au milieu des rochers. Là, aussi, mieux vaut être bien entraînés, pour trouver les passages les plus faciles dans un tel terrain,par exemple, passer sur une corniche raide, plutôt que sur un névé trop pentu où l’on
ne tient pas du tout. Contourner encore un névé par la droite où la gauche, mais ne passe tromper, car là, il ne s’agit pas de tomber. Chaque pierre est pointue, chaque cailloux est acéré ; et la moindre blessure ne peut pas être bénigne. Mais nous avons l’habitudeet ce n’est jamais dans les endroits difficiles que nous sommes tombés.
Les derniers mètres franchis, et nous voilà au sommet, au Col de Charnier.
La vue y est sublime, sur le lac dépassé, d’abord, sur les sommets derrière et toutela vallée. Devant nous un paysage pierreux, des tours, des pics, des sommets, et au loin encore d’autres montagnes, mais, celles-ci enneigées.

 

link photos


Certains ont envie d’aller sur la lune, pour se dépayser, d’autres sur une
ile déserte, nous c’est en montagne, que nous trouvons le dépaysement,
au cœur de la France, tout près de chez nous. Combien de fois, avons-nous diten arrivant dans un col pierreux (ils ne se ressemblent jamais) « mais, on dirait unpaysage lunaire !)
Que dire de l’exaltation ressentie dans un tel environnement ?
On ne sait pas si on se sent tout petit, car on se sent faire partie de cette nature,cette nature immense et si belle, si sauvage.
Le pique nique, sorti du sac, a un goût unique.
Je sais qu’il est des personnes que cette solitude angoisse, qui ne supportent
pas un tel vide devant soi,  et que pour voir la première maison, le
premier signe de civilisation, il faille marcher entre deux et trois heures, et
encore en marchant vite.
Pour nous, cette peur n’existe pas. C’est comme si nous avions confiance en
la nature, comme si elle ne pouvait pas nous faire de mal.
Alors nous savourons l’instant présent, nous flânons, nous regardons partout,les rochers, les falaises, les fleurs, les nuages, les éclairages toujours changeants.
A Moins de nous retrouver en pleine tempête, il est bien rare que nous repartionsrapidement, car nous sommes curieux de tout.
Finalement, à notre grand regret, il faut bien redescendre. Et le retour de ce col est encore plus difficile que la montée, car sur ses pierres qui bougent, le pied n’est pas bien stable, il faut faire très attention de ne pas partir avec un rocher. Nous passons vite ces difficultés pour retrouver un sentier plus facile.
Toute la descente va se dérouler sans problème, non pas qu’elle soit facile,
car cette randonnée nous a demandé de l’attention sans arrêt.
Impossible de relâcher son attention, de ne pas regarder ses pieds.
Le cerveau a autant travaillé que les muscles lors de cette randonnée,
pour trouver sans arrêt le meilleur endroit où poser ses pieds.
Alors, nous avons décidé, demain de bien nous reposer.

25 Mai 2009
Michèle Durand

Par Mirélie - Publié dans : texte et photos - Communauté : L'âme du poète
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