JEU D'ECRITURE DE MADINE - LES CHEMINS DE RANDONNEES - Texte N°2
LA VRAIE SOLITUDE
Seuls,
Entièrement seuls,
Même pas sur un chemin,
Même pas sur un sentier,
Si minuscule soit-il.
Marchant au milieu des pierres,
Louvoyant dans l’herbe
Dans un paysage vallonné,
Où tout se ressemble
Le petit talus d’en face
Ou bien celui d’à côté,
Le sapin à notre gauche
Ou celui que nous avons dépassé,
L’herbe parsemée de milliers de fleurs,
Les coucous, les orchidées,
Les gentianes, les saxifrages, les pensées,
Taches jaunes, taches roses,
Taches bleues, taches blanches.
Aucun torrent,
Pas le moindre ruisseau.
Impossible ici,
Toute l’eau est partie,
Disparue par magie
Dans les profondeurs insondables du sous sol.
La preuve :
De temps en temps,
Un trou, un gouffre,
Au milieu de ce lappiaz.
Certains de ces gouffres sont effrayants de profondeur.
Les seuls repères,
La boussole,
Le Grand Veymont sur notre droite,
Et le Mont Aiguille de temps en temps dans notre dos.
Mais en réalité,
La boussole seule
Est réellement fiable,
Car au fil de nos pas,
Nous perdons le Grand Veymont ainsi que le Mont Aiguille.
Et puis, décidemment,
Les nuages aidant,
Mieux vaut ne compter que sur ce minuscule objet.
Pour arriver là,
Un sentier d’une raideur incroyable,
Le sentier du Pas de l’Aiguille.
Et puis ensuite,
Parcours le long des falaises vertigineuses,
Et puis, impossible de suivre
Ses falaises en montagnes russes,
Alors départ de l’aventure
Au milieu de l’immensité du plateau du Vercors.
Au milieu de rien,
Seuls ?
Pas tout a fait.
Au bord d’une falaise
Comme posant sur l’herbe,
Un adorable chamois.
Surprise des deux côtés.
Echange de regards rapides,
Appareil photo toujours près.
La bête nous a fait le cadeau de son portrait,
Et aussi de sa fuite tranquille.
Elle n’a pas reconnu en nous
L’image du chasseur.
4 Juin 2009
Michèle Durand
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