NOTRE DEUXIEME RANDONNEE EN KAYAK - Texte et photos



La mer d'huile le matin
Notre deuxième randonnée en kayak un peu plus organisée que la première nous a amenés de Sausset au Cap Couronne.
Nous avons embarqué juste après le petit port de Sausset sur des rochers plats où il a été très aisé de monter dans le kayak. Nous avons démarré avant 11 heure.
Ce matin, la mer était d’huile avec un peu de brume en direction de Marseille, et l’éclairage était splendide en direction de l’est.
Nous n’avons eu aucune peine pour pagayer : ça devenait un jeu d’enfant. Sans vent, notre kayak glissait sur l’eau avec douceur, et silence.
Ce matin, nous avons décidé de naviguer plus au large et de revenir cet après midi en longeant la côte de plus près.
Le fond de l’eau nous dévoilait ses teintes noires ou bleu marin, vertes ou encore bleu turquoise. La profondeur pouvait osciller entre dix, quinze ou vingt mètres (impossible à mesurer d’en haut) mais il y avait des endroits vraiment très profonds….
Nous avons contourné l’ilôt de l’Aragnon où une dizaine de goélands semblaient nous attendre et ne se sont pas envolés à notre approche.
L'ilôt de l'Aragnon
Nous avons continué notre navigation vers l’ouest et la brise d’ouest a commencé à se lever. Mais, nous n’avions aucun problème de direction ni de navigation.
Nous avons décidé de faire halte peu avant d’arriver à la anse de Sainte Croix, sur des rochers plats encaissés entre des rochers plus abrupts. Quel plaisir d’accoster, ainsi, seuls, au milieu de la côte sauvage !
La première halte avant Ste Croix
Nous avons laissé notre kayak se reposer à l’ancrage, et nous avons chaussé nos palmes, enfilé nos tee-shirts de plongée et mis notre masque pour aller découvrir les fonds environnants.
Nous n’avons pas été déçus : il est vrai qu’en dehors de la réserve de Cap Rousset, les poissons ne sont pas très nombreux dans les fonds, par contre sous des falaises, en dessous des surplombs, nous avons eu la surprise de découvrir des centaines de gorgones. Des gorgones d’un bel orangé clair, qui se détachaient sur le fond sombre des rochers et le sable blanc au fond, une merveille !!!
L’eau était délicieusement bonne, et après le repas, lorsque nous sommes retournés à l’eau, nous n’avons plus mis nos tee-shirts.
Après la halte baignade et repas, nous avons réembarqué en direction du Cap Couronne.
Là, c’était carrément différent : brise marine de sud-ouest (donc pleine face). Le kayak filait assez bien tout de même. Moi, qui suis devant, je me prenais des embruns plein la figure, et la brise aussi bien sûr, mais, tout cela était fantastiquement agréable, et je dirais même que sans brise, la balade aurait pu sembler un peu monotone.
Le phare du Cap Couronne. Là, on a le vent pleine face. Mais, comme nous sommes tous deux très tétus, nous allons continuer à pagayer jusqu'à franchir la pointe sur la gauche (que vous ne voyez pas) pour arriver juste en face du phare, voir ainsi toute la côte en direction du Nord ouest, où le vent se renforçait vraiment. Nous avons ainsi eu pendant un moment l'impression de naviguer au large avant de décider de faire demi-tour. Le demi tour a été un jeu d'enfant car le vent nous poussait pour rentrer !!!
Nous avons refait une halte à l’abri d’une anse, pour regonfler le cale dos de Jean Paul, et évidemment nous en avons profité pour nous baigner à nouveau. Moi, j’ai eu un bain prématuré, car arrivés presque au bord de la crique, j’ai voulu descendre comme j’ai l’habitude de le faire (et oui ! j’ai déjà pris des habitudes en deux jours de kayak !), j’ai fait basculer mes jambes par-dessus le bord du kayak et je me suis retrouvée non pas dans quatre vingt centimètres d’eau comme je le croyais, mais dans plus de deux mètres d’eau ! Si bien qu’au lieu d’aider Jean Paul à descendre, je nageais pour rattraper le kayak ! Une chose est sûre, c’est que notre sacoche à portable est bien étanche. Je venais de la tester ! Et puis, comme ça, j’ai essayé mon gilet de sauvetage !!! Cela ne m’a pas empêchée de me replonger dans l’eau, une fois que nous avions définitivement accosté.
Après cette petite pause, nous sommes repartis à nouveau, brise de mer pleine face, en direction du Cap Couronne. Nous avons vu le phare du Cap, et puis, face à la mer, parce que là, on arrive davantage en face du large, et devant le vent qui se renforçait, nous avons décidé de faire demi tour.
Sur le retour
Ah ! Le retour ! Le vent dans le dos ! Génial, Géant ! On pagayait et à chaque fois, en plus, une vague nous emportait un peu plus en avant. On n’arrêtait pas de se balancer, d’être bercés, et les creux par endroits étaient assez importants, sans être dangereux pourtant. Au plus, on restait au large, au plus on avait de houle. Mais, par contre, au retour, plus de brise de face, plus d’embruns : que du bonheur !
Une dernière halte avant d’arriver à Sausset, histoire de se restaurer un peu à nouveau, car tout cet exercice, ça creuse. Histoire aussi de repiquer une tête dans la grande bleue, pour y découvrir un fond de rochers posés sur du sable blanc et où la lumière était superbe. Après avoir vu un tout petit labre vert entre les herbiers de posidonies, nous sommes sortis de l’eau pour nous sécher et réembarquer.
Une navigation encore plus rapide à cause de la brise se renforçant. Une rentrée facile au rythme des vagues qui nous emportaient.
Il faut dire que le soleil du mois de septembre est aussi bien plus doux que celui de cet été, et il est très agréable de passer ainsi des heures au soleil et sur l’eau sans avoir l’impression de brûler.
Ce jour là, nous sommes restés plus de six heures sur l’eau. Nous avons été au dessus d’elle et en elle. Au retour, j’en avais plein les yeux de la brise marine et de l’eau salée, plein les oreilles et plein le nez de cet air iodé et de cette eau si bénéfique. Encore le goût dans la bouche de sa salinité. Mais, je crois que je ne m’en lasserai jamais.
Samedi 12 Septembre 2009
Michèle Durand